Tuesday, June 10, 2008

Le soupir

La foi qui brule mon âme est jadis éteinte. Le son de l'abysse m'attire vers les profondeurs de l'enfer terrestre. Mon corps s'écroule et je ne vois plus rien. Je ne ressens plus rien. Mes pensées disparues laissent mon cerveau tranquille, inerte et sans souci. La vie me laisse. Avec un dernier soupir j'exulte cette âme de mon corps à tout jamais.

Friday, April 4, 2008

Le 7am au 3e

Ailleurs, tout le monde se lève et se prépare à leur rituel matinal habituel avant d'aller travailler pour une dernière fois avant la fin-semaine. Mais moi je suis ici, je rêve à mon oreiller. Les gens qui bougent en bas comme des fourmis minuscules préoccupées par leur propre identité ne réalisent guère à quel point ils sont tous pareils. Un croupier ferme sa table et heureux se dirige à la maison, son doux foyer d'accueil où il essayera oublier sa journée au travail....jusqu'au lendemain. Les mouettes, hier comme aujourd'hui, tournent autour s'accrochant à un dernier espoir de trouver le moindre objet qui brille sous la lumière toujours jaillissante. Un minuscule cheval rapide sur son pied aimanté dépasse adversaire après adversaire et franchit en premier la ligne d'arrivé. Avec une intensité hors de ce monde, le monsieur qui jusqu'ici n'arrêtait pas de s'exclamer "LE 6!!! LE 6!!!", avec une odeur de café et de cigarette émanant de sa bouche négligée de toute hygiène depuis de années, s'élève et pardessus toute voix pousse un hurlement de bonheur d'une magnitude incomparable à celle même de son premier orgasme. Le ciel est pourpre. Le soleil levant si chaud. La beauté divine du troisième étage à sept heures vendredi matin.

Saturday, March 1, 2008

La vache

Une bête comme une autre elle se promène dans les champs à la recherche d'herbe à brouter lorsque la vie la rattrape. En vain jour après jour elle marchait, elle mangeait, régurgitait, mâchait et avalait. Jour après jour en futilité absolue elle étirait la nullité d'une existence minable. L'amalgame indigistible de son passé vulgaire et de son vécu banal, trivial à n'en plus finir, la jette dans un transe de minablilité. Plus capable de supporter la réalité de son lamentable être, elle décide de tirer fin à cette vie de lâche pitoyable et se jette en bas d'un ravin. Nirvana...pas encore...réincarnée en être humain elle songe à son destin futur et son sort passé. La vie où va-t-elle l'amener? Rester là où elle était, mener son existence de la manière qu'elle l'a mené. Non! Ceci était la fin du début mal commencé. Ceci était son vestige au futur, son avenir et notre volonté à se lever et prendre un pas après un autre vers une autre vie meilleure, un autre ciel.

Tuesday, February 12, 2008

Bonne St. Valentin

Un matin on se lève et on réalise qu’on est prêt à confronter les démons du plus profond de notre âme, se rendant aux plaisirs que procure la joie qui nous remplit lorsque la banalité la plus vulgaire se pointe dans notre vie et nous réclame à tout jamais l’amour. Cet amour que le commun des mortels verrait dans un film avant de verser des larmes et s’adonner dans le tourment des émotions étranges. C’est cet amour qui envahit le monde. Se propageant comme une pandémie d’un continent à un autre il nous dérange, il nous provoque, il nous oblige de faire l’impardonnable et l’inimaginable. Parfois, il nous met en colère…une rage de loin plus terrifiante qu’un tsunami nous frappe et nous étouffe. Abandonné sur la rive d’un ruisseau, une larme, si seule à l’œil, et tu renais. Morceau après morceau tu le ramasse, ton cœur, celui que t’as donné à l’autre. Tu te relèves et le soleil qui brille si haut te réchauffe l’âme, il te sourit et te promet un jour nouveau. Et tu le vois, il est si beau, charmant et souriant. Il te donne la main et tu le suis, partout, pas après pas, à tout jamais…

Sunday, January 27, 2008

La boule de poil

Pure, solide, magistrale, colossale, minime, intense, relaxe, forte, sentimentale...........

La boule de poil, petite et belle qui roule avec le vent se déplaçant de gauche à droite. Sous le fauteuil. Sous le bureau. Arrêtée par la patte d'une chaise elle se repose en paix juste un instant. Le long du corridor si froid et noir, toute seule elle roule. Le ventilateur......quelqu'un pour l'amour de dieu éteignez le maudit fan. Elle roule sous le lit. Toujours dans la noirceur...

Le chien arrive, se gratte, s'en va. Une nouvelle boule de poil voit le jour. Elle est grise et douce et légère.

Elles se regardent. Elles sont si seules chacune de leur côté elle prient le dieu de vent de leur fournir des ailes afin de se rejoindre. Le ventilateur refait un tour.

Poussée contre un mur, une boule de poil attend. Elle attend l'amour. Encore un tour du ventilateur.

Elles sont enfin ensemble. Elles s'entrelancent dans une orgie de sensations roulées l'une en l'autre. Et dans le vent elles s'en vont vers d'autres ciels, d'autres soleils. La lune les illumine et les réchauffe. Unies ensemble et pour toujours.

Un jour l'homme arrive. Il sort l'aspirateur et s'est la fin. C'est cet amour qui fit si beau, si doux, si chaleureux et qui n'est plus.